Lumière sur… Patrick Moisson

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S’exercer à la vie

Témoigner de nos choix et de notre cheminement, après avoir franchi les six décades, c’est se retourner et examiner le chemin parcouru. C’est témoigner de nous-mêmes. Il m’est difficile de ne pas basculer dans la « notice biographique » mais j’ai envie de parler de ce chemin.

Ma découverte du stoïcisme

Enfant, j’ai été éduqué dans le christianisme et j’ai très tôt ressenti le besoin de nourrir une spiritualité mais plutôt que de suivre une voie tracée par mon milieu de vie, j’ai tourné mon regard sur le monde et notamment le monde indien. C’est ainsi que je me suis tourné, adolescent, vers le bouddhisme. Cet attrait n’a d’ailleurs pas été étranger à mes choix d’étude qui se sont orientés vers l’Inde et le sanskrit.

J’ai rencontré le stoïcisme à cette époque, en lisant Sénèque et en découvrant l’œuvre de l’exploratrice Alexandra David-Néel. Or, les exigences de ma thèse et des quelques années qui ont suivi, durant lesquelles j’ai été chargé d’enseignement à l’université, m’ont distrait de ses réflexions philosophiques.

Je me destinais à l’enseignement et la recherche, encouragé par mes maîtres, lorsque les réalités du monde universitaire et ses luttes idéologiques m’ont dégoûté. C’est ainsi que j’ai parcouru une vingtaine d’années en désertant ma discipline, l’indianisme, et en ricanant de la spiritualité. Ce fût une traversée du désert, un désenchantement, un oubli de soi. Je me suis donné au nihilisme, au matérialisme et, par dégoût, j’ai failli brûler ma thèse, mes articles et me débarrasser de mes livres sur l’Inde.

J’ai retrouvé le stoïcisme en lisant Montaigne. Cher Montaigne, consolation dans cette période de chaos. Il m’a évité la déréliction !

D’autres épreuves ont alors surgi mais elles étaient accompagnées de consolations formidables. Je me suis remis aux langues anciennes, le latin, le grec, le sanskrit. Mon besoin de spiritualité était intact. J’ai relu Sénèque, Marc Aurèle, Epictète et j’ai compris également toute la portée des écrits de Marguerite Yourcenar. Tout faisait sens.

J’ai vraiment ressenti le stoïcisme comme une voie féconde, une voie de réalisation personnelle. Cette voie n’étant absolument pas incompatible avec la pensée indienne, notamment le Védanta qui correspond à mes convictions profondes, celles d’un panthéisme cohérent.

La lecture de Pierre Hadot m’a encouragé et en quelques années, j’ai rencontré d’autres personnes sur le chemin… Des personnes en chair et en os… C’est ainsi qu’est née Stoa Gallica. Les rencontres virtuelles, les échanges de courriers sont devenus des rencontres réelles. Un petit groupe s’est formé et nous avons noué une amitié fraternelle.

L’impact profond et continu du stoïcisme sur moi

Aujourd’hui, je vis le stoïcisme avec simplicité, ses exercices spirituels m’apportent une sérénité profonde et m’aident à contourner ou à surpasser les obstacles de l’existence. J’y retrouve les exercices du Védanta que je pratique également.

Le stoïcisme m’a éclairé sur ma propre existence et il guide ma vie familiale, ma vie de chercheur et d’enseignant, ma vie citoyenne.

Je ne suis pas l’un des membres les plus actifs de Stoa Gallica, loin s’en faut ! Mais je suis sincèrement heureux d’avoir contribué à sa création avec les autres membres fondateurs. L’ordre des choses a permis que nous nous rencontrions et nous avons choisi de l’accompagner. Le temps s’écoule et cimente ce que nous avons initié.

Que sera demain ? Eh bien, un cheminement en compagnie d’amis fraternels. Un accomplissement heureux que je souhaite sincèrement aux personnes qui liront ce petit témoignage.

Pour citer cet article: Patrick Moisson, "Lumière sur… Patrick Moisson". Publié sur Stoa Gallica le 1 juillet 2020. Consulté le 23 octobre 2020. Lien: http://stoagallica.fr/?p=669.
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